06.05.2026

L’origine sociale est déterminante pour les chances de formation

Les enfants issus de familles touchées par la pauvreté ont des chances de formation plus faibles. Les différences de développement liées à l’origine sociale apparaissent dès la petite enfance et se prolongent souvent tout au long du parcours scolaire. C’est ce que montre le monitoring national de la pauvreté récemment publié.

Les enfants et les jeunes issus de familles touchées par la pauvreté disposent souvent de conditions de départ plus difficiles pour exploiter pleinement leur potentiel. Concrètement, les ressources financières d’une famille influencent les chances de formation des enfants, comme le mettent en évidence les résultats du monitoring national de la pauvreté. Les causes sont multiples : elles relèvent à la fois de facteurs individuels ainsi que de structures et d’institutions.

De fortes disparités régionales
En Suisse, l’éducation, l’accueil et la formation de la petite enfance (EAJE) ne sont pas organisés comme une composante intégrale du système éducatif. Il en résulte de fortes disparités régionales : selon les cantons et les communes, les offres diffèrent considérablement, tant en termes de disponibilité que de normes de qualité et de coûts à la charge des parents.

Les familles à faibles revenus particulièrement désavantagées
Les familles touchées par la pauvreté recourent en outre moins souvent aux offres existantes d’éducation, d’accueil et de formation de la petite enfance que les familles financièrement mieux loties. Les raisons peuvent être une méconnaissance des offres, des obstacles financiers ou encore des barrières culturelles. Ainsi, par exemple, les enfants issus de ménages à faible revenu fréquentent nettement moins souvent une structure d’accueil de type crèche à l’âge préscolaire.

Des leviers pour plus d’égalité des chances
Du point de vue de la politique de la formation, ce taux de fréquentation plus faible des enfants issus de familles à faibles revenus est préoccupant. En effet, comme le montrent de nombreuses études, ce sont précisément les enfants issus de milieux socialement défavorisés qui bénéficient le plus des offres d’éducation et d’accueil extrafamiliales. L’encouragement précoce, le soutien ciblé aux enfants et aux familles socialement défavorisées ainsi que la création de conditions-cadres adéquates au sein du système scolaire constituent donc des leviers efficaces pour renforcer l’égalité des chances.

Référence : Article « L’origine sociale influence les chances de formation », Sécurité sociale CHSS, 28 avril 2026.