L’accueil institutionnel des enfants continue sa progression
Selon une publication de l’Office fédéral de la statistique, l’importance de l’accueil institutionnel des enfants a de nouveau augmenté dans toutes les catégories statistiques pertinentes. Par ailleurs, les offres d’accueil sont davantage présentes dans les villes et en Suisse romande. Sans le soutien des grands-parents, les parents seraient confrontés à un véritable problème. kibesuisse appelle donc les pouvoirs publics à investir.
En Suisse, la proportion d’enfants de moins de 13 ans bénéficiant d’un accueil extra-familial a continué de croître, passant de 62 à 66 pour cent. La part des enfants fréquentant l’une des trois formes d’accueil institutionnel (crèches, structures d’accueil extrascolaire ou organisations d’accueil familial de jour) a elle aussi augmenté de quatre points, de 41,4 à 45,5 pour cent. Ces résultats proviennent des données publiées récemment par l’Office fédéral de la statistique (OFS) pour l’année 2023.
Revenus plus élevés, accueil plus fréquent
La fréquence du recours à l’accueil institutionnel augmente aussi avec le revenu du ménage. En 2023, dans la tranche de revenu la plus élevée, 85 pour cent des enfants étaient accueillis en dehors de la famille, soit deux fois plus que dans la tranche de revenu la plus basse (46 pour cent). Dans les deux cas, cela représente une hausse de cinq points par rapport à l’année précédente.
L’accueil institutionnel est plus répandu en Suisse romande
Dans son édition de cette année, l’OFS met en lumière les différences régionales. En Suisse romande, 55 pour cent des ménages ont recours à une crèche ou à une structure d’accueil. En comparaison, ce taux atteint 41 pour cent en Suisse alémanique et 37 pour cent au Tessin. L’écart est encore plus marqué en ce qui concerne l’accueil familial de jour, utilisé par 17 pour cent des ménages en Suisse romande, contre seulement 7 pour cent dans les deux autres régions linguistiques.
Un clivage net entre ville et campagne
Les crèches et les structures d’accueil parascolaire sont particulièrement utilisées (71 pour cent) par les familles vivant dans les six plus grandes villes suisses : Bâle, Berne, Genève, Lausanne, Winterthour et Zurich. Ce taux tombe à 43 pour cent dans les autres zones urbaines, à 39 pour cent dans les zones intermédiaires et à 33 pour cent dans les régions rurales. La tendance est inversée pour l’accueil familial de jour, plus fréquent en milieu rural (12 pour cent) qu’en ville (6 pour cent), et également davantage utilisé en Suisse romande.
Le rôle indispensable des grands-parents
Il est désormais évident que les pouvoirs publics réalisent des économies substantielles grâce à l’engagement des grands-parents. Leur contribution à l’accueil des enfants est estimée à environ 157 millions de francs par an. Dans près de 40 pour cent des ménages avec au moins un enfant de moins de 13 ans, les enfants sont pris en charge par leurs grands-parents. Le plus souvent, les enfants sont pris en charge par les grands-mères seules (43,5 pour cent) ou en couple avec les grands-pères (54,1 pour cent).
Prépondérance de la lignée maternelle
L’accueil assuré par les grands-parents est deux fois plus courant dans les régions rurales (47 pour cent) que dans les villes (26 pour cent). En revanche, il n’existe pas de différences significatives entre les régions linguistiques. Il est intéressant de noter que les grands-parents maternels sont plus souvent sollicités que ceux du côté paternel : 44 pour cent contre 28 pour cent.
À l’étranger, les enfants sont accueillis plus longtemps chaque semaine
La comparaison internationale est également instructive : en Suisse, 46 pour cent des enfants de moins de trois ans sont accueillis de manière non institutionnelle par les grands-parents ou d’autres personnes. Ce taux n’atteint que 8 pour cent en Allemagne et 36 pour cent en Italie. La proportion d’enfants de moins de trois ans bénéficiant d’un accueil institutionnel est de 37 pour cent, ce qui correspond à la moyenne européenne. Toutefois, la durée hebdomadaire de l'accueil y est plus courte : seuls 10 pour cent des enfants de moins de trois ans sont accueillis plus de 30 heures par semaine dans une structure institutionnelle, contre 25 pour cent en moyenne dans l’Union Européenne.
Le coût reste un obstacle majeur
Les parents se déclarent majoritairement satisfaits des offres d’accueil institutionnels : 82 pour cent d’entre eux se disent satisfaits ou très satisfaits. Toutefois, un besoin d’accueil supplémentaire subsiste pour un enfant sur dix déjà pris en charge dans une crèche, une structure d’accueil parascolaire ou un accueil familial de jour. Les familles invoquent moins le manque d’offres que le coût élevé comme principal frein. Le coût empêche aussi 6 pour cent des enfants, qui ne bénéficient actuellement d’aucune solution d’accueil, d’y accéder. La conclusion est claire : « Les pouvoirs publics doivent investir davantage dans l’accueil de l'enfance afin de garantir une véritable conciliation entre vie familiale et vie professionnelle », souligne Maximiliano Wepfer, responsable de la communication politique chez kibesuisse.